Cannibalisme

Il semble que le collagiste, expert en détournements et transformations de toutes sortes, ait tout de même des limites non dites, voire même morales, à son propre mouvement perpétuel de recycleur du recyclage.

Tout le monde connaît les fabuleux romans-collages de Max Ernst où s’étalent des centaines de gravures découpées dans des magazines de la fin du XIXème siècle.

Tout le monde connaît également les collages de Jacques Prévert et ces chromos découpés, ainsi que les collages de Max Bucaille, etc.

Mais je n’ai jamais vu une seule fois à travers les milliers de pratiquants de l’art du collage de ma connaissance, les éléments de ces illustres collagistes redécoupés et collés à leur tour par un autre artiste afin de nourrir ses propres collages.

Par conséquent, on peut en conclure que si le collagiste est le prédateur des peintres, des photographes et des illustrateurs, il est très rare que lui-même soit le prédateur de ses consœurs et confrères : rare est en fait le collagiste qui se réapproprie les images déjà transformées par d’autres collègues du couper-coller. En ce sens si le collagiste peut souffrir de porter en lui tous les germes de tous les péchés du monde, on ne pourrait le condamner pour cannibalisme.

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